Céline Verlhac

Directrice de l’Agence EURODECISION

 

 

 

 

Ton parcours chez EURODECISION, ça commence comment ?

Après ma Licence, je voulais faire des mathématiques appliquées et j’ai donc entamé un Diplôme d’Études Approfondies (DEA – aujourd’hui appelé master) « Optimisation, jeux et modélisation en économie » de l’Université de Paris Jussieu. Ce parcours abordait l’aspect concret des mathématiques que je recherchais, et j’y ai découvert la Recherche Opérationnelle.

J’ai pu mettre en pratique mes acquis lors de mon stage de fin d’études au Département R&D de la SNCF, sur des sujets de grilles de roulement pour les trains (dans l’équipe de David de Almeida, aujourd’hui Directeur de la Recherche). C’est à cette occasion que j’ai rencontré le fondateur (Eric Jacquet-Lagrèze) et des collaborateurs d’EURODECISION venus présenter la société. J’ai tout de suite noté qu’ils travaillaient sur des sujets d’optimisation très variés, dans une structure qui semblait agile et dynamique, avec une vraie expertise que j’avais envie de développer. J’ai donc postulé avec une lettre de motivation ciblée, passé plusieurs entretiens, et j’ai été recrutée comme ingénieure en optimisation.

Peux-tu nous parler de tes premières années comme ingénieure, par exemple des projets sur lesquels tu as travaillé ?

J’ai eu la chance de travailler sur des sujets très variés. Mon premier projet portait sur l’optimisation d’une gamme de câblage électrique pour un équipementier automobile. L’idée était de déterminer quels câblages produire pour satisfaire la demande des clients, sachant qu’on ne peut pas créer toutes les versions possibles correspondant à toutes les combinaisons d’options d’une voiture (trop de combinatoire !). Ce projet m’a beaucoup marquée car c’était le premier : ça a été un véritable apprentissage.

Mais le projet dont je garde le meilleur souvenir (à cette époque), c’est celui mené pour Eurocontrol, sur le choix de la bonne configuration de l’espace aérien pour optimiser le contrôle aérien des avions. J’y ai travaillé environ 18 mois. Tout y était réuni : une équipe sympa, un sujet original et stimulant, et même l’opportunité d’aller présenter nos travaux en conférence aux États-Unis. J’y faisais exactement ce que j’aimais : construire des modèles d’optimisation concrets, au sein d’une équipe passionnée par l’amélioration des processus métier.

Comment s’est présentée l’opportunité de prendre des responsabilités supplémentaires ?

Après plusieurs années comme ingénieure puis cheffe de projet, deux évolutions se sont présentées presque en parallèle : la responsabilité de l’équipe Ingénierie (collaborateurs en régie chez nos clients) et la prise en main du process de recrutement. J’ai repris le process existant et je l’ai structuré (mise en place de tests, d’un outil de suivi des candidats, élargissement des profils recrutés), le tout en continuant à produire en parallèle comme cheffe de projet. Ce qui m’a plu dans cette évolution, c’est de développer des nouvelles compétences dont la partie managériale.

Tu as également rejoint le Comex d’EURODECISION en 2009, et depuis l’intégration au Groupe DecideOm, tu as pris la Direction de l’Agence versaillaise. Sur quels sujets travailles-tu ?

Aujourd’hui, mon quotidien combine plusieurs dimensions : le pilotage opérationnel de l’agence (avec la responsabilité des responsables d’équipe), le management d’une équipe sur des sujets d’optimisation de la logistique et de production, une RH de proximité (recrutement, paie, formations…), la participation aux comités de direction hebdomadaires, et une contribution au développement commercial. Je participe également aux réunions de direction du groupe et aux réflexions transverses visant à harmoniser les pratiques et favoriser les synergies entre agences.

Mon parcours d’ingénieure m’apporte énormément, à plusieurs niveaux. D’abord pour le recrutement : savoir de quoi on parle change tout. Je comprends une grande partie de ce que les candidats me présentent, ce qui les surprend souvent agréablement. Ensuite, pour le management au quotidien : avoir vécu soi-même ce qu’est un projet utilisant des technologies d’Intelligence Artificielle permet de mieux accompagner les équipes, contrairement à un manager totalement extérieur au métier. Enfin, mon goût pour le concret, la rigueur et la gestion de projet — planning, gestion des risques — irrigue naturellement ma façon de cadrer les sujets aujourd’hui.

Quelle tendance de notre secteur retient particulièrement ton intérêt en ce moment ?

Je suis particulièrement intéressée par les enjeux de souveraineté au sens large. La question de la maîtrise de nos données face à des géants du numérique étrangers, et la désindustrialisation partielle de la France, sont des sujets qui me préoccupent et que je trouve importants pour l’avenir.

En ce qui concerne le Groupe DecideOm, ce qui nous occupe actuellement, c’est le développement de l’offre commune : pouvoir répondre aux sujets clients de façon plus globale, en intégrant la dimension Data à nos propositions sur les sujets d’IAet en mettant en valeur la complémentarité entre nos deux expertises.

Aujourd’hui, qu’est-ce qui te motive le plus dans ton poste ?

J’aime toujours beaucoup recruter — rencontrer les gens, découvrir leurs parcours, et connaître les nouveaux arrivants avant tout le monde ! Mais ce qui me plaît le plus, depuis le début chez EURODECISION, c’est la diversité des sujets et la façon d’y répondre. Mon poste, avec ce mélange de sujets clients, de RH et de management, est assez sur-mesure : je ne m’ennuie jamais.

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